Richard Bachman - Marche ou Crève

Publié le par Bing

"I would encourage every American to walk as often as possible. It's more than healthy; it's fun."
-John F. Kennedy (1962)

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Richard Bachman est le côté sombre de Stephen King, et il nous le prouve encore une fois avec The Long Walk, un court roman de survie dans un monde pas si différent du notre où une dictature militaire organise chaque année une "grande marche" où une centaine d'adolescents doivent marcher sans s'arrêter ou mourir, et où il ne doit en rester qu'un.

Une histoire puissante où l'on marche aux côtés de Garraty, un garçon comme tous les garçons de son âge et apprend à connaitre ses compagnons de route. McVries (mon favori, ses échanges avec Garraty sont intenses, sans doute les meilleurs moments du bouquin), Olson, Barkovitch, Stebbins et bien d'autres, chacun ayant sa personnalité, ses tics et sa façon de voir le monde. Chacun est entré dans la Grande Marche avec ses propres raisons, ou même sans raisons, juste par rebellion adolescente. Les discussions sur la vie et la mort qu'ils ont entre eux sont passionnantes et soulèvent les bonnes questions.

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“Plumb the unplumbed depths of Garraty. Sounds almost like a travel ad, doesn’t it?
You burrow until you hit bedrock. Then you burrow into the bedrock.
And finally you get to the bottom. And then you buy out. That’s my idea.”

Stebbins

Plus le temps passe, plus les garçonsmeurent et plus la tension monte. Qui va mourir maintenant? Comment? Et la question la plus importante: qui va marcher jusqu'au bout et gagner le Grand Prix. Le suspense monte doucement jusqu'au dernier acte, et donne envie au lecteur de savoir, tout de suite. Un vrai page-turner comme disent les angliches.

Les rares critiques négatives qu'on puisse faire à ce roman sont en fait ses points forts. On soupçonne dès le début le nom du gagnant, mais c'est un procédé narratif très courant. Cependant, si l'on oublie pas que l'on marche avec King, tout était encore possible et ça ne m'a pas gâché la lecture une seule seconde.

Le deuxième point est la fin. Beaucoup de romans de Stephen King semblent décevoir leur lecteurs et c'est semble-t-il encore le cas ici. Moi-même je me suis quelque peu battu avec cette fin légèrement surréaliste. Mais au final, et si ça n'était pas King qui ne savait pas comment terminer ses histoires, mais nous qui ne savions pas comment interpréter ses intentions? Et ici elles peuvent être nombreuses. Est-ce la Mort elle-même qui attend Garraty à la fin de la Grande Marche, ou est-ce son père, ou encore McVries qui le soutient une nouvelle fois dans une passe difficile? Pour ma part j'ai l'impression que Garraty est bel et bien mort et qu'il marche vers l'au-delà, mais d'autres interprétations sont tout aussi tentantes.

“He won’t last much longer,” a woman in the front row said quite audibly.
“Your tits won’t last much longer!” Garraty snapped at her, and the crowd cheered him.

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