Jeff Lindsay - Dexter by Design

Publié le par Bing

Dexter by Design

 

Je n'avais pas tellement l'habitude de lire en anglais. Contrairement aux séries ou aux films où je suis intraitable en matière de Version Originale, faut avouer que les doublages, même s'ils font parfois de gros efforts ne remplaceront jamais les voix originales des acteurs dont certaines demeurent uniques et font partie intégrante du jeu d'acteur. Enlevez son intonation grave à Alan Rickman et ça n'est plus la même chose, LOST en doublage français gomme totalement les accents des acteurs et ainsi Sayid se retrouve avec un français parisien impeccable et le côté irish de Desmond est jeté à la corbeille. Tout comme un bon Miyazaki se regarde en Vost et pas autrement. Et des exemples je pourrais en trouver des centaines.

Or comme je le disais pour les livres par contre ça ne me gêne pas outre mesure. Sans doute parce qu'ici tout passe à l'écrit et il est plus difficile de dénaturer l'œuvre initiale. Certains pourraient affirmer le contraire, que la traduction peut faire perdre le sens premier de ce qu'a voulu dire l'auteur, et je leur donnerais toute la raison. Mais voilà on ne peut pas se lancer dans la Version Originale dans la littérature aussi facilement qu'au cinéma, forcément il n'existe pas de sous-titres pour les livres. Ou plutôt si, mais on appelle même ça une traduction.
Passer à la VO demande donc une connaissance de base assez solide dans la langue à laquelle on veut se frotter et je n'ai osé commencer qu'à la sortie du dernier tome de Harry Potter. Drôle de coïncidence quand on sait que c'est la saga Harry Potter qui m'a poussé à commencer à découvrir les livres et pas seulement les BD. Une nouvelle fois J. K. Rowling m'ouvrait une nouvelle voie.

Et pourtant j'en suis resté là, j'ai repris le lecture dans ma langue maternelle qu'est le français. Jusqu'à il y a quelques mois, où n'en pouvant plus d'attendre la suite de deux autres sagas je me suis procuré les suites dans la langue de Shakespeare. L'un était un tome de True Blood, l'autre était la suite des aventures de Dexter by Jeff Lindsay: Dexter by design. C'est le sujet de mon article d'aujourd'hui.
Tout ça pour ça, c'est vrai.

Un rapide résumé ?
Dexter revient de sa lune de miel passée à Paris, tout fraîchement marié à Rita et à peine le pied posé sur la terre de son Miami natal voilà qu'une nouvelle affaire tombe sur les bras de la police locale. Un petit plaisantin s'amuse à disperser des cadavres décorés un peu partout, de vrais petits chefs d'œuvres. Et c'est là tout le but de sa démarche: l'art. Dexter et son Dark Passenger vont donc tenter d'en savoir plus, mais en mettant le doigt dans l'engrenage il va y entrer jusqu'au coude. Le mal étant fait, il va devoir tout faire pour se dégager de là avant d'y perdre sa tête.

Dur d'en dire plus sans dévoiler l'intrigue, tellement elle était courte. Nullement un défaut, au contraire, car tout le roman est axé psychologie plus que sur l'action elle-même. Dexter est confronté à un nouvel ennemi qui lui fait réfléchir sur ce qu'il est, ce qu'il fait et ce pourquoi il le fait. Une grande remise en question pour Dexter, encore une fois. Il ne cesse de répéter qu'il est dépourvu d'âme et d'émotions mais de tome en tome il découvre à chaque fois ô combien il peut avoir tort. Et plus il le découvre, plus son Passager Noir se fait silencieux, jusqu'à presque se retourner contre son propriétaire et devenir le spectateur moqueur des péripéties du pauvre petit Dexter sans défense et dépassé par les évènements.

Difficile de plonger dans la lecture en VO car les premiers chapitres se passent à Paris, et on retrouve forcément beaucoup de phrases en français. J'ai mis un moment à retrouevr à une lecture fluide de l'anglais. Même si les passages en français sont au final plutôt rares et parfois bien mal traduits (on a l'impression que l'auteur est passé par google trad. mais on peut se dire que puisque le narrateur dans ses nouvelles est son héros, Dexter, on peut présumer qu'il retranscrit la langue de Molière tel qu'il l'a entendu et l'écrit à sa façon. Mais même en se disant ça ça reste dommage) ça a suffit à ralentir ma lecture.

Une fois lancé par contre le roman a été vite dévoré. J'ai eu l'impression de lire un épisode de la série, un de ceux qui se démarque de la trame principale pour nous montrer la traque et l'élimination d'un tueur en série. Un épisode de pur remplissage dans une saison, mais qui rend mieux en bouquin. Comme je l'ai dit précédemment l'auteur mise de plus en plus sur le côté psychologique de son personnage, nous faisant ressentir ses moindres émotions, ses moindres pensées.
Parce que côté action, en deux coups de cuiller à pot c'est bâclé. Plusieurs cadavres, une confrontation psychologique, un Passager Noir libéré, une confrontation finale et emballé c'est pesé.

On y retrouve même un fantôme, pour ceux que les spoilers ne font pas peur: l'agent Doakes. Dans la série il meurt dans la saison 2 dans l'explosion de sa cabane/prison, libérant Dexter d'un Némésis plutôt encombrant. Mais dans la saga littéraire il est la victime d'un tueur en série mais en réchappe de peu. Il lui manque quelques membres, ainsi qu'une bonne partie du visage (paupières, langue et autres joyeusetés). Le voilà donc de retour, juste pour prévenir Dexter et lui faire passer son message: I'm still watching you, mother fucker. Une réapparition qui fait froid dans le dos et qui laisse présager un futur difficile pour Dexter et sa couverture de petite vie tranquille et lisse. J'ai hâte de lire la suite.

Je ne conseillerais jamais assez cette saga littéraire, surtout si vous êtes fan de la série télévisée. C'est un excellent moyen de patienter entre deux saisons (la prochaine, 5e, arrivant en pays anglophone en septembre de cette année). Et je dois même avouer une nette préférence pour les livres, même si les deux univers, de par leur différences, parviennent à se compléter d'une certaine façon. De la même manière que True Blood complète parfaitement la saga de La Communauté du Sud de Charlaine Harris. Et vous tenez là mon prochain sujet!

Publié dans Jeff Lindsay

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